Brève présentation

On s'étonne parfois de la sonorité peu languedocienne de mon nom... d'où ces quelques mots de présentation (avec beaucoup de digressions dont je suis, hélas, coutumier)...

Originaire de Nantes, j'ai eu la chance dans mon enfance de vivre dans des endroits très différents : l'Algérie d'abord, puis les Hautes-Pyrénées avant d'arriver dans la région pour entrer au collège à Nîmes. Je me rappelle que mon professeur d'histoire-géo (Monsieur Ribière, j'ai plaisir à m'en souvenir) nous avait amenés visiter le pont du Gard et la carrière de Vers. Cela m'avait beaucoup marqué.

Après mon bac, à Nîmes (en passant mes épreuves au Lycée Daudet, j'ignorais évidemment que le conteur avait fait plusieurs séjours à Lamalou-les-Bains, petite station thermale que je fais aujourd'hui visiter), j'ai commencé des études d'histoire à l'université Paul Valéry de Montpellier. Avec notamment des cours d'histoire régionale et des noms (le Razès, le Carcassès....) qui m'apparaissaient alors bien obscurs.

Puis je suis en Amérique latine pour un voyage de plusieurs mois depuis le Mexique jusqu'au Venezuela. Une révélation culturelle. Un pays m'a particulièrment frappé : le Nicaragua où avait eu lieu la révolution sandiniste quelques années auparavant. J'ai rencontré d'anciens muchachos qui avaient participé à l'insurrection populaire et je me suis passionné pour la guerilla, une des formes d'expression politique assez classique en Amérique latine. J'y suis retourné à plusieurs reprises pour faire des recherches et rédiger une thèse de doctorat. Et comme le monde est décidément petit, j'ai découvert par la suite qu'un mercenaire originaire de Saint-Gervais-sur-Mare (joli bourg dans les monts d'Orb qui sont tout proches d'ici) avait servi dans l'armée de Simon Bolivar au début du 19e siècle dans l'actuelle Colombie (magnifique pays où j'ai récemment guidé des voyages culturels). 

Bref, je suis parti ensuite au Tchad pour enseigner l'histoire-géographie dans un lycée français. J'espérais voyager dans le désert, mais nous avons surtout connu l'angoisse de la guerre. Cela dit, je le vois aujourd'hui comme une expérience indispensable qui permet de relativiser nos tracas quotidiens...  Puis retour en France, en Lozère, une autre forme de désert : une grande amplitude thermique, des climats opposés, mais deux régions du monde qui ont finalement certaines similitudes par la beauté des paysages et leur isolement géographique. Cette denière contrainte a déterminé une nouvelle installation, un peu plus au sud, dans les hauts-cantons de l'Hérault. Un pays que je connaissais bien pour y venir régulièrement, à Villemagne l'Argentière, depuis l'âge de treize ans (en vacances puis, quand j'étais étudiant, pour faire les cerises et les vendanges dans la vallée de la Mare, ce qui ne se fait plus). J'ai commencé à aller me baigner dans les gorges de Colombières et, peu à peu, j'ai découvert et aimé le massif du Caroux qui constitue aujourd'hui pour moi une sorte de repère (repaire) que j'ai toujours grand plaisir à retrouver.

En ce qui concerne le guidage, c'est une vocation qui est venue lentement mais, je crois, logiquement car j'ai toujours aimé chercher, imaginer le passé, faire découvrir et partager des émotions. Mais cela demande une certaine maturation des connaissances acquises au fils des années.

Cependant, cette vocation s'est imposée à moi lorsque j'encadrais des chantiers organisés par l'association Concordia. Il s'agissait de travaux d'utilité collective, souvent pour la sauvegarde du patrimoine local, effectués par de jeunes bénévoles français et étrangers qui venaient connaître une région en échange de leur main d'oeuvre. Mon premier chantier était dans le pays de Sault, aux confins de l'Aude et de l'Ariège. C'est un pays magnifique que les châteaux médiévaux, où se sont refugiés les derniers cathares, rendent fabuleux.

En 2009, j'ai eu envie de travailler dans le développement local pour être proche du terrain, ce qui me manquait un peu dans les salles de classe. Aussi, j'ai passé un master en tourisme durable puis j'ai été engagé comme médiateur touristique par une association, la Maison cévenole, qui oeuvre pour la valorisation du patrimoine à Saint-Gervais-sur-Mare. Véritable point appui pour le Conseil général dans sa politique de développement culturel dans cette partie un peu isolée du département, l'association a été choisie comme tête de réseau des musées locaux. On m'a alors confié l'animation de ce réseau, un travail qui consistait notamment à organiser et guider des visites pour différents publics (touristes, habitants et scolaires).  

Après un nouvel intermède à l'étranger pour enseigner, au Maroc, je me suis installé en 2016 avec ma famille à Cabrerolles, un petit village dans les avant-monts de l'Hérault. Non seulement les paysages de coteaux sont très agréables, mais la situation du village est aussi très intéressante car il est au contact de plusieurs zones ou sous-régions - pour utiliser un langage géographique - qui ont leur cohérence propre, basée sur le relief, l'histoire, l'organisation spatiale, etc.... Mais ces entités paysagères ne sont pas des isolats et je m'efforce donc toujours, au cours de mes visites, de les resituer à une échelle plus vaste pour avoir une meilleure compréhension de leur histoire. 

Je continue à enseigner, à l'occasion et avec grand plaisir, mais je fais du métier de guide-conférencier (statut professionnel obligatoire pour faire visiter les monuments historiques et les musées nationaux) mon activité principale car elle me permet de continuer à faire de la recherche, à la fois documentaire et sur le terrain. Et surtout, il y a le plaisir de rencontrer des gens curieux, ouverts, qui ont envie de mieux connaître cette très belle région. 

 

Ronan JAHÉNY

Docteur en histoire, guide-conférencier (carte professionnelle n°1734008P)

 

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